Politique touristique
Trafic touristique transfrontalier : arrivées en provenance des régions voisines
Les voyages touristiques représentent environ un quart des prestations de transport en Suisse, dont près d’un tiers franchit la frontière nationale. Un rapport récent du Conseil fédéral montre que les transports publics sont encore confrontés à des défis majeurs, notamment en ce qui concerne les arrivées en Suisse vers des destinations à travers le pays.

Comment les touristes se déplacent-ils en Suisse ? Il y a deux ans, le Conseil fédéral a formulé une définition qui a permis, pour la première fois, de recenser le trafic touristique. Sur la base des chiffres de 2015, on estime que celui-ci représente environ un quart des prestations du trafic voyageurs. Au printemps dernier, une analyse approfondie du trafic touristique transfrontalier a été réalisée. Le rapport s’est notamment penché sur le nombre de touristes, les régions d’origine et de destination, ainsi que les moyens de transport utilisés dans le trafic terrestre transfrontalier à destination et en provenance des régions voisines de la Suisse.
Définition du trafic touristique
öffnenLe trafic touristique est généré par les déplacements effectués par la population résidente ou les hôtes venus de l’étranger pour des loisirs, du travail ou la formation. Le trafic touristique comprend aussi bien le tourisme de journée que le tourisme avec nuitée. Au contraire de la mobilité au quotidien, le trafic touristique se déroule en dehors de l’environnement habituel du voyageur, implique des déplacements moins fréquents et plus longs.
Peu de transports en commun pour les arrivées sur le territoire
Selon le dernier rapport, le trafic touristique transfrontalier représente 11,72 milliards de voyageurs-kilomètres, soit 9% des prestations totales de transport. Plus de la moitié de ce trafic concerne les arrivées en provenance des régions voisines et à destination de la Suisse. Ces arrivées représentent environ 17% du volume total des prestations de transport touristique.
En ce qui concerne la répartition modale, c’est-à-dire la répartition du trafic entre les différents modes de transport, on constate que seuls 7% reviennent aux transports publics. À titre de comparaison : pour les voyages au départ de la Suisse vers les régions voisines, la part des transports publics s’élève à 20%, ce qui correspond à peu près à celle du trafic total. Selon l’étude, la part élevée de la route indique que les offres ferroviaires existantes sont attrayantes ponctuellement, notamment sur l’axe nord-sud au départ de Bâle et de Zurich. Dans le même temps, elles ne parviennent pas encore à contribuer de manière significative au transfert de la route vers le rail. Cela ressort clairement des fréquences relativement faibles entre Lyon/Paris et Genève.
Meilleure prise en compte du trafic touristique dans la planification
Au regard de la stratégie touristique du SECO, selon laquelle le tourisme doit contribuer au développement durable, l’étude constate ainsi que le potentiel des transports publics n’est guère exploité pour les voyages transfrontaliers. Il existe donc un fort potentiel pour rendre les arrivées en Suisse par voie terrestre plus respectueuses de l’environnement grâce à un transfert vers les transports publics. Cela permettrait en outre de réduire l’impact environnemental ainsi que la charge de trafic dans les destinations touristiques et les régions de montagne.
La faible utilisation des transports publics pour les arrivées en provenance des régions voisines contraste avec le réseau ferroviaire très bien développé au sein de la Suisse. Comme l’a également souligné la FST dans sa prise de position sur la procédure de consultation relative à «Transports ’45», de bonnes liaisons ferroviaires transfrontalières et des correspondances performantes avec les réseaux de transport européens font partie intégrante de l’accessibilité touristique. Si l’on souhaite que les personnes provenant des pays voisins empruntent davantage les transports publics pour se rendre en Suisse, il faut proposer des offres suffisamment attrayantes qui garantissent une chaîne de voyage fiable. Il convient donc d’intégrer davantage la desserte internationale et l’accessibilité de la Suisse en matière de transport ferroviaire dans la planification et la définition des priorités.
Cet article a été rédigé dans le cadre d’une série d’articles destinés à la newsletter «Politique touristique» sur le thème du trafic touristique.
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