Positions des partis politiques en matière de tourisme

Les partis politiques formulent leurs attentes individuelles dans leurs programmes économiques et leurs positions de principe. Le tourisme occupe une position particulière en raison de sa prestation d'exportation liée à la position géographique de la Suisse.

Les profils de partis présentés sous forme abrégée sont complétés par des questions et des réponses reposant sur une enquête réalisée par hotelleriesuisse en 2015.

PBD: Le tourisme revêt une grande importance

  • Le tourisme est un secteur économique majeur
  • Soutien mesuré de la part de l’Etat
  • Augmentation de l’efficacité
  • Exonération temporaire de la TVA
  • Plus de moyens financiers pour la Nouvelle politique régionale (NPR)
  • Taux unique de TVA
  • Equilibre entre protectionnisme agricole et ouverture des marchés
  • Allégements administratifs pour les entreprises
  • Clause de sauvegarde pour l’immigration, encouragement de la main-d’œuvre nationale

Quelle politique touristique préconisez-vous dans votre programme de parti? Quelles sont vos attentes envers les acteurs du tourisme? Où situez-vous les principaux enjeux de l’hôtellerie dans les années à venir?

Le PBD mesure pleinement le poids du tourisme, qui représente un secteur économique majeur, en particulier dans les régions périphériques. Dès lors, il estime à la fois opportun et sensé que l’Etat assure à ce secteur une promotion mesurée, en particulier au niveau des tâches en lien avec les infrastructures. Suite à l’envolée du franc suisse, l’économie touristique et l’économie exportatrice de la Suisse affrontent d’importantes difficultés auxquelles la politique est appelée à répondre par des mesures ciblées. Le tourisme doit, pour sa part, se préparer à évoluer dans un environnement toujours plus concurrentiel en resserrant ses structures et en multipliant les coopérations pour gagner en efficacité. Pour le PBD, il importe aussi d’agir sur le terrain des investissements hôteliers où une plus grande souplesse et une meilleure efficacité sont de mise du côté des instruments existants (à commencer par le prêt de la Société suisse de crédit hôtelier) – y compris en tenant compte des fonds de la politique régionale.

Quelle importance accordez-vous à la Promotion économique 2016-2019?

Le PBD voit dans la Promotion économique une contribution majeure au maintien de l’attractivité, des performances et du potentiel de la place économique suisse, mais aussi, dans une perspective à plus long terme, à la préservation de la capacité concurrentielle d’une économie essentiellement structurée autour de PME. Au nombre des éléments essentiels de la promotion économique, dont les activités revêtent un caractère subsidiaire et s’inscrivent en complément à l’action des acteurs privés et des cantons, figurent la mise en place de conditions-cadres favorables ainsi que les programmes incitant les différents acteurs à collaborer et à se coordonner entre eux – ceci concerne par exemple la coopération entre la politique régionale et l’encouragement de l’innovation, de la coopération et de la professionnalisation dans le domaine du tourisme. Au vu des incertitudes qui planent sur la place économique suisse – franc fort, mise en œuvre de l’initiative sur les résidences secondaires et de l’initiative sur l’immigration de masse, relations avec l’UE en tant que principal partenaire commercial – c’est un rôle capital qui revient aujourd’hui à la promotion économique. L’économie touristique vit une situation particulièrement préoccupante, surtout dans les régions rurales et alpines où le tourisme est le principal moteur économique. En même temps, la Confédération devra appliquer de douloureux programmes d’économies et de restrictions budgétaires, si bien que l’on ne pourra augmenter à volonté les crédits alloués à la promotion économique. Aussi, le PBD s’est-il le plus souvent aligné sur la position du Conseil fédéral lors des votes sur ce thème.

L’abandon du taux plancher face à l’euro a provoqué un choc des prix. Quelles mesures votre parti estime-t-il nécessaire d’engager pour atténuer la pression sur la Suisse et sur le tourisme suisse?

La cherté du franc et l’insécurité par rapport à la mise en œuvre de l’initiative sur l’immigration de masse ont considérablement entamé la capacité concurrentielle du secteur des exportations et du tourisme ce qui expose le pays à divers risques : pertes de croissance, transferts de la production à l’étranger, montée du chômage et baisse des recettes fiscales. Les mesures de soutien de l’Etat doivent donc produire rapidement leurs effets là où elles sont utiles. A court terme, le PBD identifie un réel potentiel au niveau des allégements financiers et administratifs:

Exonération temporaire de la TVA pour le tourisme et la restauration. Particulièrement frappées par la crise, ces deux branches devraient avoir la possibilité de solliciter une exonération de la TVA limitée dans le temps, sur le modèle du mécanisme du chômage partiel dont bénéficie l’industrie exportatrice. Cette mesure appelle une définition de critères clairs, favorisant l’innovation plutôt que la sclérose des structures. Le PBD a déposé une proposition dans ce sens lors de la session de printemps.
Augmentation des moyens affectés à la politique régionale: le PBD a soutenu la proposition du Conseil fédéral pour une augmentation de 200 millions de francs des fonds existants. Cette mesure vise à assurer le financement de projets touristiques particulièrement novateurs, à optimiser la coordination des moyens et des acteurs et à améliorer la coopération entre les établissements hôteliers.
Taux de TVA unique et « Taux unique pour l’hôtellerie-restauration »: le PBD continuera à défendre le taux unique de la TVA comme elle l’a annoncé au lendemain de la votation sur l’initiative de GastroSuisse. Tant que ce taux unique n’est pas réalisé, il faudra tout au moins appliquer un « taux unique pour le secteur de l’hôtellerie-restauration. Le PBD a déposé des propositions dans ce sens lors de la session de printemps (15.3225 et 15.3227).

Au cours des dernières années, la Suisse a de plus en plus verrouillé son marché agricole. Parallèlement, le pays se transforme chaque jour davantage en un îlot de cherté en Europe. Quel levier faudrait-il selon vous actionner pour lutter efficacement contre l’îlot de cherté et partant, contre l’évasion d’un pouvoir d’achat élevé vers l’étranger?

La lutte contre l’îlot de cherté doit s’envisager sous des angles multiples. Depuis la perspective de la protection des consommateurs, il est choquant que certains produits importés soient renchéris par un « supplément Suisse » qui permet de tirer parti du pouvoir d’achat élevé de la Suisse. Cette hausse artificielle des prix a eu pour effet de gonfler le tourisme d’achat des consommateurs suisses. Les prix suisses surfaits sont en bonne partie imputables aux fournisseurs étrangers, d’où la difficulté pour s’attaquer au problème. Ce fait est notamment ressorti des travaux sur la loi sur les cartels. Là où les prix excessifs sont le fait d’entreprises suisses, il est possible de faire baisser les prix en multipliant les acteurs pour développer la concurrence. Ce mécanisme a pu s’observer en partie dans le commerce de détail au moment de l’entrée sur le marché d’Aldi et de Lidl. Pour les produits agricoles, il s’agit de concilier sur le plan politique les intérêts en présence : d’une part l’encouragement et la protection de la production indigène et, d’autre part, l’ouverture des marchés dans le secteur agricole selon la politique de libre-échange. Compte tenu du niveau des salaires et des standards écologiques élevés de notre pays, une libéralisation du marché agricole sonnerait toutefois le glas de nombreuses exploitations agricoles suisses. Il importe donc de trouver le juste équilibre politique sur ce terrain. Notons encore à cet égard que l’introduction du principe du Cassis de Dijon n’a pas provoqué la baisse escomptée des prix des denrées alimentaires. Enfin, au sujet des prix suisses élevés, il ne faut pas perdre de vue non plus que les salaires et le niveau de vie sont plus élevés chez nous qu’à l’étranger, si bien que le niveau des prix s’explique jusqu’à un certain point par des facteurs macroéconomiques. Les coûts d’approvisionnement importants qui en résultent, notamment pour les entreprises touristiques, ont donc des causes complexes et ne découlent pas simplement de décisions relevant du marché agricole. Pour faire baisser les prix d’achat, une voie passe par la création de centrales d’achat et donc par un renforcement de la collaboration entre les établissements touristiques.

Pour développer la compétitivité de l’économie, les entreprises demandent aux politiques de marquer leur engagement en faveur d’un allègement administratif. Par quelle méthode votre parti entend-il s’attaquer à ce problème et dans quel domaine place-t-il ses priorités?

Le PBD souhaite défendre et développer à plusieurs niveaux le modèle gagnant de la Suisse. Le renforcement de l’attrait de la place économique pour les entreprises implantées et pour les nouvelles entreprises passe par des conditions-cadres propices à l’activité économique et par la stabilité politique. Le contexte du franc fort et d’incertitude quant à la mise en œuvre de l’initiative sur l’immigration de masse, mais aussi quant à l’évolution de nos liens avec le marché européen, confronte la place économique à des défis de taille. Au cours des dernières années, la charge administrative s’est alourdie pour les entreprises, alors que la Confédération créait en même temps de plus en plus d’emplois. Selon la planification financière de la Confédération, il faut s’attendre de surcroît à une diminution des recettes fiscales. Comme première mesure, le PBD exige la mise en œuvre du programme de consolidation et de réexamen des tâches (CRT) dans les proportions que le Parlement a intégrés dans le budget 2015. De plus, le PBD attend du Conseil fédéral qu’il s’attelle à aussi à un examen stratégique des tâches dans le but de réaliser de substantiels allégements supplémentaires. Le PBD a en outre déposé une série de propositions parlementaires pour réduire la charge administrative. Citons les motions 15.3333 « Il faut mettre un terme à l’inflation d’ordonnances et réduire leur nombre »15.3156 « Effets des taux de change sur les adjudications », 15.3580 « Moins de bureaucratie dans le domaine de la TVA. Reconnaître les factures électroniques » ou 13.4220 « Marchés publics. Exploiter la marge de manœuvre ». Enfin, le PBD propose aussi, dans le contexte de cherté du franc, de s’inspirer des mesures adoptées en 2011 pour renforcer l’encouragement de l’innovation via la CTI. (15.3234).

Les projets d’importance stratégique telle que la rapide mise en œuvre de la troisième réforme de l’imposition des entreprises et la solution de la question de l’immigration avec l’UE doivent être abordés dans le souci constant de la prospérité de la place économique suisse. Au chapitre de la mise en œuvre de l’initiative sur l’immigration de masse, le PBD a proposé une solution au printemps 2014 déjà. Il est évident à ses yeux que les contingents relatifs, c’est-à-dire une clause de sauvegarde, constituent la meilleure voie pour concrétiser la volonté populaire en tenant compte des impératifs économiques.

L’hôtellerie et la restauration disposent de divers programmes, mis en œuvre à l’échelon cantonal, pour intégrer de nouveaux professionnels dans la branche (p.ex. RIESCO pour des personnes admises à titre provisoire; Perfecto-Futura pour sans-emploi). Quelles autres mesures préconisez-vous pour lutter efficacement contre la pénurie de main-d’œuvre qualifiée, en particulier après l’acceptation de l’initiative contre l’immigration de masse, y compris dans les branches moins productives telles que l’hôtellerie?

Le PBD s’est engagé dès le départ en faveur d’une application économiquement supportable de l’initiative sur l’immigration de masse et a proposé au printemps 2014 déjà une solution. Les plafonds relatifs sous la forme d’une clause de sauvegarde à activer lorsque le seuil d’immigration encore à définir sera dépassé, doivent l’emporter sur la proposition de contingents fixes. Dans ce sens, le PBD entend tout mettre en œuvre pour mettre les entreprises des diverses branches à l’abri d’inconvénients majeurs. De manière générale le PBD a réclamé à plusieurs reprises par la voie parlementaire des mesures, notamment avec la motion 14.3844 pour promouvoir la main-d’œuvre nationale. La motion 15.3141 cible plus particulièrement le manque de main-d’œuvre qualifiée dans des branches moins productives telles que l’hôtellerie et l’agriculture et demande une meilleure intégration des requérants d’asile sur le marché du travail; elle a été déposée par le PBD lors de la session de printemps 2015.

Par quels moyens peut-on renforcer le système suisse de la formation professionnelle, en particulier face aux filières des hautes écoles?

Le PBD entend maintenir le système de formation dual qui a fait ses preuves. D’une part les universités suisses figurent tout en haut de la liste dans les rankings internationaux pour ce qui est de la recherche et de la formation, ce qui assure au marché de l’emploi suisse une bonne relève en personnel de formation universitaire. Il importe de préserver ce haut niveau, pour pouvoir nous maintenir dans l’élite en matière de projets de recherche et de développement et partant, dans la fabrication de produits de pointe. D’autre part, la formation professionnelle fournit au marché du travail un personnel qualifié - selon un modèle auquel le monde entier s’intéresse aujourd’hui. Avec la pénurie de personnel qualifié, il est primordial de sensibiliser très tôt les jeunes, c’est-à-dire en cours de scolarité, aux métiers techniques et pratiques. Le PBD mesure l’enjeu que représentent les mesures de politique de la formation et entend fixer des priorités dans ce domaine. Il s’est penché depuis longtemps sur le problème de la pénurie de spécialistes dans les métiers techniques (11.3555).

PDC: Engagement en faveur du tourisme suisse

  • Engagement important du PDC dans le secteur du tourisme
  • Desserte des centres régionaux, des régions de montagne [...] et des destinations touristiques
  • Augmentation des moyens consacrés au tourisme et à la Nouvelle politique régionale (NPR)
  • Coopération entre l’agriculture et le tourisme
  • Mise à profit des synergies, diversification avec les établissements familiaux et les petites entreprises
  • Sauver les accords bilatéraux et Schengen
  • Application du taux spécial (TVA) pour les prestations d’hébergement
  • Soutien aux projets touristiques innovants
  • Réduction de la bureaucratie
  • Mise en place judicieuse de l’initiative sur les résidences secondaires
  • Efforts pour conclure de nouveaux accords bilatéraux (accords de libre-échange)
  • Encouragement du personnel qualifié
  • Reconnaissance internationale des diplômes professionnels suisses

Quelle est la politique du tourisme de votre programme électoral? Quelles sont vos attentes envers les acteurs du secteur touristique? Et, enfin, quels sont, selon vous, les principaux défis à relever par l’hôtellerie dans les années à venir?

Le tourisme contribue de façon considérable à l’image positive dont jouit la Suisse dans le monde entier. Il joue, dès lors, un rôle d’autant plus central dans l’économie nationale. C’est la raison pour laquelle le PDC s’est toujours beaucoup engagé dans l’économie touristique suisse et, plus généralement, pour le site touristique Suisse. Le programme de notre parti aborde différentes questions sur lesquelles nous affichons explicitement notre engagement en faveur du tourisme:

  • «Nous demandons que le réseau des routes nationales en projet soit terminé au plus vite, que son entretien et son exploitation soient financés et garantis, de même que les goulets d’étranglement éliminés. En outre, la Confédération continue d’accorder des subventions considérables au réseau des routes principales, à la desserte à grande échelle des centres régionaux, des régions montagneuses, des régions périphériques, de même que des principales destinations touristiques.»
  • «Nous voulons une augmentation des moyens alloués au tourisme ainsi qu’à la politique régionale. Nous sommes favorables à l’encouragement du tourisme suisse et estimons que la promotion de la Suisse comme pays de vacances relève de la politique économique nationale et doit, par conséquent, être coordonnée par la Confédération. Le secteur touristique doit continuellement adapter son offre et ses structures aux changements de situation. La Confédération a le devoir de soutenir activement les transformations en cours dans cette branche économique majeure par des lois-cadres pertinentes, une pratique expéditive d’octroi des autorisations et la mise en réseau des opérateurs touristiques déterminants, de même qu’elle doit agir de façon à permettre la pénétration de nouveaux marchés.
  • «Il ne faut faire aucune économie en ce qui concerne la desserte des régions de montagne et périphériques. Par ailleurs, il faut encourager la coopération entre l’agriculture et le tourisme, et améliorer les conditions de l’agrotourisme en Suisse.»

Les acteurs touristiques doivent, eux aussi, apporter leur contribution. Ils doivent proposer des offres et des services en phase avec leur temps et durables, et en faire la promotion dans le même esprit. Ils doivent davantage exploiter les synergies qui se présentent à eux en vue de réduire les coûts, tout en maximisant leur impact sur le marché. Le tourisme doit rester innovant, les demandes des clients doivent être étudiées et l’offre adaptée en conséquence, au mieux et rapidement. Nous voulons des lits occupés et une offre touristique variée, constituée notamment d’établissements familiaux et de petites et moyennes entreprises.

La Suisse a longtemps joué un rôle précurseur dans le domaine touristique. Aujourd’hui, d’autres destinations touristiques présentant des attributs similaires à la Suisse, tels que la sécurité, des paysages majestueux, des services de qualité, la fiabilité, l’histoire et la stabilité politique, etc. ne cessent d’apparaître et séduisent le public. C’est pourquoi la Suisse se retrouve face à d’importants défis dans le domaine du tourisme. Sans oublier le franc fort, qui ne fait qu’exacerber cette situation. En outre, le problème du manque de personnel qualifié continuera de s’accroître dans ce secteur. Ainsi, la mise en œuvre du référendum du 9 février 2014 sera d’autant plus déterminante.

Autre défi de taille: le manque de financement afin de rénover et de moderniser le parc hôtelier. A défaut d’investissement, ce dernier continuera de vieillir, réduisant ainsi l’attractivité de la Suisse par rapport aux autres destinations touristiques. Dans un postulat du conseiller aux Etats Isidor Baumann (UR), le PDC a proposé d’instaurer une banque du tourisme en Suisse sur le modèle autrichien. A cette fin, la Société suisse de crédit hôtelier (SCH) aurait pu servir de point de départ pour un PPP avec les banques privées. Cette banque du tourisme aurait pu avoir un effet de levier nettement plus important. Cependant, dans son rapport sur le développement de la politique touristique rendu au mois de juin 2013, le Conseil fédéral n’a malheureusement pas été prêt à donner suite à ce postulat. Néanmoins, ce dernier aura servi à élargir le champ d’activités de la SCH.

Quelle importance a, selon vous, la promotion économique 2016 – 2019?

Le PDC considère que la promotion économique revêt une grande importance. Sur le plan de l’attractivité du site économique, la Suisse est toujours très bien classée au niveau international. Mais la concurrence mondiale ne dort pas. Les nouveaux défis auxquels l’économie suisse doit faire face en raison du franc fort et de la mise en œuvre de l’initiative «Contre l’immigration de masse» sont immenses et brouillent les perspectives. Le marché de l’exportation et le tourisme sont les premiers à subir les effets de la suppression du taux plancher et de l’insécurité qui en résulte.

C’est la raison pour laquelle le PDC s’est opposé, au sein du Parlement, aux coupes budgétaires touchant la promotion économique 2016 – 2019, notamment dans les secteurs du tourisme et du soutien à l’exportation. Par ailleurs, il a demandé une augmentation de CHF 220,5 mio à CHF 240 mio de l’enveloppe financière accordée à titre d’aide à Suisse Tourisme pour les années 2016 – 2019. Par cette augmentation des moyens financiers, nous poursuivons les trois objectifs suivants:

  1. Renforcer les efforts fournis sur le marché intérieur afin d’acquérir des clients suisses.
  2. Stabiliser la fréquentation touristique en provenance de l’espace européen.
  3. Diversifier la provenance des touristes provenant de marchés éloignés.

La suppression du taux plancher de l’euro a entraîné un choc sur les prix. Quelles sont les mesures politiques proposées par votre parti afin de réduire la pression qui en découle sur le secteur touristique suisse et sur la Suisse en général?

Le secteur du tourisme se trouve actuellement face à un défi particulièrement difficile à relever. Devant une situation exceptionnelle, il faut des mesures exceptionnelles. Les entreprises doivent optimiser leurs coûts tout en faisant preuve d’innovation et en réalisant les investissements requis. D’importants efforts sont fournis dans la branche du tourisme elle-même, afin de relever avec succès ces défis.

Le PDC s’engage dans de nombreux domaines pour que le tourisme continue de se développer, contribuant ainsi à la prospérité du site économique et touristique suisse. Par exemple:

  • Sauvetage des accords bilatéraux avec l’UE: l’accord sur la libre circulation des personnes revêt une importance cruciale pour le tourisme suisse. Il ne faut pas que la mise en œuvre de l’initiative «Contre l’immigration de masse» affecte la voie bilatérale avec l’UE.
  • Taux spécial pour le tourisme: nous avons besoin de plus de sécurité sur les plans juridiques et de la planification. Le PDC demande que le taux spécial de 3,8 % appliqué à l’hébergement soit établi définitivement.
  • Promotion des projets touristiques innovants: une augmentation des moyens destinés à combattre la baisse attendue de la demande dans le secteur touristique suisse avait déjà été accordée en 2010, grâce à la motion Darbellay déposée lors de la deuxième étape des mesures de stabilisation conjoncturelle. Du fait du franc fort, il est impératif de renouveler cette mesure, qui s’est révélée efficace.
  • Le PDC soutient clairement l’accord de Schengen, qu’il juge capital pour le secteur touristique, car il permet aux touristes en provenance de pays situés à l’extérieur de l’espace Schengen de voyager en Europe, y compris en Suisse, munis d’un seul visa (Schengen).
  • Allègement de la bureaucratie en matière d’autorisations: les dédales bureaucratiques dans les domaines de la construction, de l’environnement et des autorisations doivent être révisés en profondeur. Le dernier baromètre de la bureaucratie montre sans équivoque ce qui affecte principalement les petites et moyennes entreprises, à savoir la confusion terminologique et le nombre incalculable de recours différents et leur durée excessive, qui grignotent aujourd’hui une grande partie du budget de chaque nouveau projet. Il est temps que la Confédération et les cantons s’accordent enfin pour éclaircir cette jungle de recours et de formulaires en vigueur.
  • Mise en œuvre intelligente de l’initiative «Pour en finir avec les constructions envahissantes de résidences secondaires»: compte tenu des sérieuses difficultés de financement rencontrées dans le secteur de l’hôtellerie, il est essentiel que les porteurs de projets de construction de bâtiments hôteliers puissent encore recourir à la vente d’une partie de leur surface sous forme de résidences secondaires afin de se procurer le capital propre nécessaire.

La Suisse a toujours plus isolé son économie agricole au cours des dernières années, tout en évoluant continuellement vers un îlot de cherté en Europe. Quelles sont les mesures politiques que vous proposez afin de combattre efficacement ce devenir de la Suisse et la fuite du pouvoir d’achat à l’étranger qui en découle?

Le PDC s’engage depuis de nombreuses années déjà dans la lutte contre l’îlot de cherté que représente la Suisse. C’est la raison pour laquelle nous nous prononçons clairement en faveur du principe «Cassis de Dijon», par lequel nous pourrons faire baisser le niveau des prix en Suisse. Le PDC avait également exprimé son approbation de la révision de la loi sur les cartels, mais celle-ci avait été rejetée par le Parlement.

Le PDC s’engage pour une économie suisse florissante. Selon nous, il est important pour le développement économique de la Suisse que nous œuvrions pour la conclusion de nouveaux accords bilatéraux (et notamment d’un accord de libre-échange) avec d’autres pays.

Les entreprises demandent aux politiques de s’engager en faveur de l’allègement des démarches administratives afin de renforcer la compétitivité du marché. Comment votre parti envisage-t-il d’aborder ce problème avec méthodologie et où donnez-vous la priorité?

Le PDC accorde beaucoup d’importance à la réduction de la bureaucratie dans tous les domaines, qu’il s’agisse des assurances sociales, des formalités douanières, du registre du commerce, des prescriptions en matière de construction, de la création d’entreprises, de la formation des apprentis, de l’agriculture, des autorisations de tous types ou des normes et des ordonnances. Les échanges administratifs par voie électronique doivent être privilégiés, car ils permettent de simplifier et d’accélérer les procédures d’autorisation.

Notre engagement pour la réduction de la bureaucratie prend différentes formes. Nous gardons un œil critique sur la charge bureaucratique prévue par les lois en consultation, les nouvelles lois et les révisions, sans oublier les ordonnances. Les révisions et la mise en place de règles réalisables, flexibles et durables sont importantes à nos yeux. D’une part, nous le demandons dans nos prises de position lors des consultations et, d’autre part, les membres de notre groupe le font dans les travaux des commissions. De même, les membres du PDC siégeant au Parlement agissent en faveur d’un allègement des démarches administratives au moyen d’interventions, telles que la motion «Contre la bureaucratie. S’assurer que le droit est bien conforme à la volonté du législateur», déposée par le conseiller national PDC Leo Müller (LU). Ce dernier demande qu’un groupe parlementaire permanent passe au crible les lois existantes et les débarrasse de leur charge administrative inutile. Il n’est pas le seul, le travail de nos sections cantonales va également dans ce sens.

Les professionnels du secteur de l’hôtellerie et de la restauration disposent de divers programmes mis en œuvre à l’échelle cantonale, destinés à intégrer du nouveau personnel qualifié dans la branche (par ex. cursus Riesco à l’intention des étrangers provisoirement admis sur le territoire; Perfecto-Futura pour les personnes sans activité). Après l’acceptation de l’initiative «Contre l’immigration de masse», quelles autres mesures prévoyez-vous afin de remédier efficacement au problème du manque de personnel qualifié dans les branches moins productives, telles que l’hôtellerie?

Pour le PDC, il y a du potentiel chez les femmes, les personnes en réinsertion professionnelle, les personnes d’un certain âge et les personnes ayant le statut de réfugiées. De plus, nous encourageons les entreprises implantées en Suisse à recruter davantage leur personnel sur le marché national. Afin d’améliorer la (ré)intégration économique des femmes, nous demandons la poursuite du développement et la multiplication des structures extrafamiliales de garde d’enfants, l’organisation des cours à l’école sous forme de blocs, des modèles d’heures de travail plus flexibles, l’exonération fiscale des allocations pour enfant et des allocations de formation ainsi que la suppression de la pénalisation des couples mariés.

Les travailleurs de plus de 50 ans ont toujours des difficultés à trouver un emploi. C’est pourquoi il convient de mettre en place des mesures d’incitation afin que les employeurs continuent d’occuper des travailleurs d’un certain âge. Les dispositions visant à calculer les cotisations dues à la caisse de pension (2e pilier) doivent être moins basées sur l’âge, afin d’encourager l’engagement de personnel indigène d’un certain âge. Il est également important qu’un maximum de travailleurs restent en emploi jusqu’à l’âge ordinaire de la retraite. De même, le PDC demande que soit lancée une campagne de formation à l’échelle nationale en vue de soutenir le personnel qualifié suisse dans toutes les branches.

Le PDC demande que les qualifications professionnelles des personnes au statut de réfugiées soient davantage exploitées. Il faut que ces personnes accèdent plus facilement à la vie active. Aujourd’hui, environ 80 % des personnes reconnues réfugiées en âge de travailler sont sans emploi et perçoivent l’aide sociale. En travaillant, ces personnes seront mieux intégrées et ne dépendront plus de l’assistance publique. Les personnes reconnues réfugiées doivent être traitées de la même manière que les Suisses et les autres étrangers régulièrement établis sur le territoire par les offices régionaux de placement. Elles doivent en priorité être placées dans des branches qui ne nécessitent pas de longs apprentissages.

De quelle façon la formation professionnelle suisse peut-elle être renforcée, en particulier par rapport à la formation académique?

Le PDC est en faveur du système de formation dual. Les deux piliers de notre système dual ne doivent pas être mis en opposition. Le système intéressant de la formation professionnelle ne doit pas être plus «académisé» encore. Nous soutenons une formation professionnelle adaptée aux changements de domaines d’activité et professionnels, en ce qu’elle se concentre sur les compétences-clés. Nous voulons une plus grande perméabilité entre la formation professionnelle et l’enseignement supérieur. Nous tenons compte des besoins des entreprises qui offrent des places d’apprentissage. La reconnaissance internationale des diplômes est également importante pour l’attractivité de la formation professionnelle. Un diplôme professionnel suisse doit également trouver sa place au niveau international. Or, la Confédération ne s’est pas suffisamment engagée dans ce domaine jusqu’ici. C’est pourquoi le PDC s’engage pour la reconnaissance internationale des diplômes professionnels suisses. Il faut davantage inviter les entreprises étrangères à reconnaître nos diplômes professionnels. Pour cela, les titres doivent attester clairement des compétences.

PLR: Améliorer la compétitivité

  • Marché du travail flexible et libéral
  • Réduction de la bureaucratie
  • Impôts peu élevés, infrastructure optimale
  • Utilisation efficace des moyens de marketing
  • Tourisme durable et innovant
  • Maintien des accords bilatéraux
  • Réduction des entraves au commerce, nouveaux accords de libre-échange
  • Réduction des droits de douane
  • Taux unique de TVA
  • Encouragement du personnel qualifié

Quelle politique touristique préconisez-vous dans votre programme de parti? Quelles sont vos attentes envers les acteurs du tourisme? Où situez-vous les principaux enjeux de l’hôtellerie dans les années à venir?

Le PLR soutient un tourisme compétitif à long terme. La Suisse doit préserver son attrait en tant que destination de vacances. La faiblesse de la zone euro, la vigueur persistante du franc, ainsi que la mise en œuvre de l’initiative sur l’immigration de masse constituent les principaux défis auxquels le tourisme se trouve confronté en Suisse. Nous nous engageons pour maintenir les meilleures conditions-cadres possible: marché du travail flexible et libéral, absence de bureaucratie, impôts peu élevés et infrastructure optimale. En même temps, nous attendons des acteurs du tourisme une approche novatrice et moderne.

Quelle importance accordez-vous à la Promotion économique 2016-2019?

Le PLR soutient la Promotion économique 2016-2019. Le tourisme affronte une concurrence internationale directe et féroce, mais n’a pas les moyens de réduire ses coûts en délocalisant à l’étranger. C’est précisément dans le contexte particulier du franc fort que la promotion économique joue un rôle essentiel pour mener vers demain le tourisme durable et inventif. Les moyens de commercialisation de l’offre touristique suisse doivent être affectés de manière ciblée et efficace.

L’abandon du taux plancher face à l’euro a provoqué un choc des prix. Quelles mesures votre parti estime-t-il nécessaire d’engager pour atténuer la pression sur la Suisse et sur le tourisme suisse?

Le PLR a présenté en janvier 2015 déjà un programme en 18 points pour renforcer la place économique suisse. Outre le maintien des accords bilatéraux avec l’UE, le PLR réclame surtout la suppression des obstacles au commerce et un allègement de la charge administrative des entreprises. L’introduction d’un taux TVA unique en constitue l’un des exemples les plus importants, puisqu’elle est propre à réduire les coûts sur la place économique suisse. Nous nous opposons vigoureusement à une hausse des taxes sur l’énergie et à d’autres nouveaux impôts. De même, s’agit-il de ne pas alourdir inutilement la charge des entreprises lors de la réforme de la prévoyance vieillesse. Selon une étude du Conseil fédéral, la réforme sonnerait la disparition de milliers d’emplois, y compris dans l’hôtellerie. Par ailleurs, il importe d’harmoniser au mieux la présence de la Suisse à l’étranger en tant que destination touristique et de consolider les infrastructures.

Au cours des dernières années, la Suisse a de plus en plus verrouillé son marché agricole. Parallèlement, le pays se transforme chaque jour davantage en un îlot de cherté en Europe. Quel levier faudrait-il selon vous actionner pour lutter efficacement contre l’îlot de cherté et partant, contre l’évasion d’un pouvoir d’achat élevé vers l’étranger?

La libéralisation progressive de l’économie agricole, la suppression des obstacles techniques au commerce et le taux TVA unique sont autant de mesures qui doivent faire baisser les coûts en Suisse. En ce qui concerne la réduction des obstacles techniques au commerce, il faut simplifier les procédures à la douane, évité de soumettre les produits à de nouvelles règles administratives et enfin, baisser les droits de douane. La Suisse doit aussi viser la conclusion dans son intérêt de nouveaux accords de libre-échange pour réduire ainsi les coûts d’accès au marché international.

Pour développer la compétitivité de l’économie, les entreprises demandent aux politiques de marquer leur engagement en faveur d’un allègement administratif. Par quelle méthode votre parti entend-il s’attaquer à ce problème et dans quel domaine place-t-il ses priorités?

Le PLR s’engage depuis toujours et de toutes ses forces contre les contraintes administratives. La voie à suivre pour réduire la charge administrative passe en particulier par un engagement en faveur du taux TVA unique, par des simplifications douanières, par des procédures électroniques dans l’administration et par un marché du travail flexible. Le PLR a instauré une « boîte aux lettres contre la bureaucratie ». Les citoyens et citoyennes peuvent ainsi nous faire part de leurs expériences avec des directives administratives absurdes. Nous examinons dans chaque cas le problème soumis et, dans la mesure de nos possibilités, nous engageons pour y trouver des remèdes.

L’hôtellerie et la restauration disposent de divers programmes, mis en œuvre à l’échelon cantonal, pour intégrer de nouveaux professionnels dans la branche (p.ex. RIESCO pour des personnes admises à titre provisoire; Perfecto-Futura pour sans-emploi). Quelles autres mesures préconisez-vous pour lutter efficacement contre la pénurie de main-d’œuvre qualifiée, en particulier après l’acceptation de l’initiative contre l’immigration de masse, y compris dans les branches moins productives telles que l’hôtellerie?

Il est nécessaire de supprimer les fausses incitations, lesquelles ont pour effet de bloquer l’accès au marché du travail aux personnes désireuses de travailler en Suisse. L’initiative du Conseil fédéral contre la pénurie de personnel qualifié est en cours de réalisation et doit être poursuivie. Le PLR s’engage en faveur d’une meilleure compatibilité entre famille et travail, pour une retraite à la carte, contre la discrimination des travailleurs plus âgés via des déductions salariales croissantes, ainsi que pour un système de formation dual perméable. Le marché du travail flexible et libéral doit être maintenu à tout prix.

Par quels moyens peut-on renforcer le système suisse de la formation professionnelle, en particulier face aux filières des hautes écoles?

Le PLR estime la valeur et la qualité de la formation professionnelle en Suisse, qui permet aux entreprises de disposer de professionnels bien formés et facilite l’accès au marché du travail pour les jeunes travailleurs (faible taux de chômage). Il faut maintenir le haut niveau de la maturité gymnasiale et éviter de mettre la formation professionnelle sous pression.

Il importe de garantir la reconnaissance, à l’échelle nationale et internationale, des diplômes des hautes écoles et de combattre l’académisation. C’est une grave erreur que de privilégier les filières universitaires et de confondre la formation professionnelle avec le système de Bologne. Le PLR soutient le cadre national de certification pour les diplômes de la formation professionnelle entré en vigueur le 1er octobre 2014 et dont la reconnaissance nationale et internationale dépend des suppléments aux diplômes.

Les Verts: Pour un tourisme durable

  • Paysages intacts pour le tourisme
  • Protection du climat, aménagement judicieux du territoire
  • Tourisme durable, produits régionaux, assainissement énergétique
  • Enrayer l’exode des régions de montagne
  • Ancrage du développement durable dans les instruments Innotour, NPR, SCH et auprès de Suisse Tourisme
  • Stratégie de qualité pour l’agriculture et le tourisme
  • Prise en compte d’allègements administratifs pour les PME
  • Encouragement des CCT prévoyant des salaires minimaux
  • Conciliation travail-famille

Quelle politique touristique préconisez-vous dans votre programme de parti? Quelles sont vos attentes envers les acteurs du tourisme? Où situez-vous les principaux enjeux de l’hôtellerie dans les années à venir?

C’est sans doute pour nos paysages alpins, célèbres dans le monde entier, que les touristes suisses et étrangers optent pour des vacances en Suisse. Or ces fameux paysages ne sont déjà plus tous intacts et restent exposés à la menace du mitage et du changement climatique. C’est précisément dans les régions de montagne que le tourisme est appelé à réussir sa mue structurelle et à créer des emplois afin de prévenir l’exode des jeunes.
Par conséquent, les Verts s’engagent pour une protection du climat et un aménagement rationnel du territoire, y compris en faveur du tourisme de notre pays. Ils attendent donc des acteurs de cette branche qu’ils soient parties prenantes de cette politique et qu’ils misent sur les infrastructures respectueuses du paysage et sur des offres qui préservent le climat. Plus concrètement, cela signifie privilégier l’hôtellerie et les rénovations destinées à réduire la consommation d’énergie plutôt que de construire de nouvelles résidences secondaires, ou jouer la carte du tourisme doux et des transports publics plutôt que de développer les offres d’héliski ou le tourisme automobile.
La Confédération doit appuyer la mutation structurelle dans les régions de montagne par des projets touristiques durables et promouvoir la commercialisation des produits régionaux et les assainissements énergétiques du parc immobilier. Cette approche permettrait de garantir des places de formation et des emplois décentralisés. Les moyens affectés proviennent en premier lieu de la promotion touristique de la Confédération (Innotour) et de la politique régionale. Un tourisme respectueux de l’environnement et un renforcement de l’économie régionale offrent aussi aux régions de montagne des alternatives au mitage et permettent de mettre un frein à l’exode

Quelle importance accordez-vous à la Promotion économique 2016-2019?

Les Verts souscrivent au projet Promotion économique 2016-19 du Conseil fédéral. Les mesures prévues sont destinées à stimuler intelligemment l’innovation et à amortir l’impact du franc fort. Cela vaut en particulier pour le tourisme et pour le secteur exportateur. La branche hôtelière bénéficie, dans le cadre de la Promotion économique 2016-19, d’un prolongement du prêt de la Confédération à la Société suisse de Crédit hôtelier. De même est-elle au bénéfice de fonds d’encouragement dans le cadre d’Innotour, de Suisse Tourisme et de la Politique régionale.

Les Verts demandent cependant au Conseil fédéral et aux organisations d’exécution de centrer davantage les efforts qu’il prévoit de consentir sur le développement durable et la mise en place de bonnes conditions de travail. En termes concrets, ils exigent par exemple que les fonds d’encouragement alloués à Suisse Tourisme ne servent pas à la promotion du tourisme automobile. Quant à l’aide à l’exportation, elle devrait surtout aller aux cleantech, ainsi qu’aux technologies de l’information et de la communication. Au nombre des grands atouts de la place économique suisse figurent l’environnement propice à l’innovation et sa haute qualité de vie. En revanche, la politique dépassée que prônent les partis bourgeois pour promouvoir la place économique est centrée sur le dumping fiscal et favorise l’isolationnisme et les atteintes à l’environnement.

L’abandon du taux plancher face à l’euro a provoqué un choc des prix. Quelles mesures votre parti estime-t-il nécessaire d’engager pour atténuer la pression sur la Suisse et sur le tourisme suisse?

Pour renforcer la place économique et industrielle, il faut un objectif monétaire à caractère contraignant pour stabiliser le franc, mais aussi une modernisation et innovation écologique. Seule une économie qui respecte la rareté des ressources est garante d’une prospérité sur la durée. Le tournant énergétique et le virage vers une économie verte s’imposent plus que jamais : ils assurent emplois, compétitivité et bien-être à une Suisse tournée vers l’avenir et permettent aux entreprises de réaliser des économies. Pour préparer l’économie suisse de demain, il y a lieu d’exploiter tout le potentiel de numérisation (voir « Industrie 4.0 » et de relever les défis qui s’y rattachent. En lieu et place d’une promotion par le dumping fiscal et le dumping des importations, il s’agit de promouvoir le commerce équitable et une plus grande qualité de vie. Le tourisme a spécialement besoin d’un coup de pouce ciblé à l’innovation. Aussi, les Verts approuvent-ils le soutien alloué à la branche du tourisme dans le cadre de la «Promotion économique 2016-19 » au moyen de fonds d’encouragement pour le programme d’innovation « Innotour »  (30 millions de francs) et le programme de marketing « Suisse Tourisme »  (220,5 millions de francs).

Au cours des dernières années, la Suisse a de plus en plus verrouillé son marché agricole. Parallèlement, le pays se transforme chaque jour davantage en un îlot de cherté en Europe. Quel levier faudrait-il selon vous actionner pour lutter efficacement contre l’îlot de cherté et partant, contre l’évasion d’un pouvoir d’achat élevé vers l’étranger?

L’économie agroalimentaire suisse table sur la qualité et les Verts approuvent cette stratégie. Les acteurs du tourisme suisse devraient eux aussi aligner leur stratégie sur celle de l’économie agroalimentaire. Les interfaces entre ces domaines sont en effet nombreuses et tout le monde serait gagnant à intégrer le tourisme dans la chaîne de création de valeur ajoutée.

Pour contrecarrer les effets négatifs du tourisme d’achat, les Verts ont déposé au Conseil des Etats le postulat 15.3208 « Franc fort et tourisme d’achat » adopté le 18 juin 2015. Le postulat demande au Conseil fédéral d’examiner l’opportunité d’un plan de mesure pour lutter efficacement contre le tourisme d’achat. Il envisage entre autres une intensification des collaborations avec les autorités chargées du contrôle de denrées alimentaires, une plus grande information auprès des consommateurs et consommatrices et une augmentation du nombre de gardes-frontières dans les régions frontalières. Le problème du tourisme d’achat est particulièrement sensible dans les régions frontalières et touche en particulier le commerce de détail, l’hôtellerie et la restauration.

Pour développer la compétitivité de l’économie, les entreprises demandent aux politiques de marquer leur engagement en faveur d’un allègement administratif. Par quelle méthode votre parti entend-il s’attaquer à ce problème et dans quel domaine place-t-il ses priorités?

Les Verts soutiennent les autorités cantonales et fédérales dans la mise en place de portails PME et dans leurs efforts de simplification et d’allégement administratifs. Le Groupe des Verts a notamment voté le crédit d’engagement de la Confédération pour le financement des activités de cyberadministration, dans le cadre de la «Promotion économique 2016-19». Il est prévu ici de mettre en place un guichet virtuel unique qui regrouperait les multiples services électroniques proposés par les différentes autorités et simplifierait ainsi les procédures d’autorisation, de demande et d’annonce. Citons encore à titre d’exemple la « Boussole de durabilité » du Seco, outil de conseil en ligne destiné à alléger la charge administrative. Cet outil livre aux PME des informations accessibles pour effectuer des achats respectueux de l’environnement et socialement acceptables.

Les Verts gardent aussi en tête l’objectif d’un allégement administratif des PME dans la révision en cours de la loi sur l’environnement orientée vers l’ «économie verte». La révision en tant que telle est  urgente pour améliorer la préservation des ressources par un développement de l’économie circulaire et le respect des normes environnementales tout au long de la chaîne logistique. Le projet mise donc à dessein sur une approche efficace qui conjugue collaboration avec l’économie et garde-fous intelligents. De plus, le Conseil des Etats a voté d’autres solutions de compromis par rapport aux revendications d’hotelleriesuisse. Les déclarations environnementales de produits ont été supprimées, les contraintes en matière de rapports et comptes rendus réduites, tandis que la condition d’un rapport coût-utilité favorable a été explicitement retenue en divers endroits. Les activités du  réseau Reffnet montrent en outre que les investissements opérés dans l’efficacité des matériaux et de l’énergie sont financièrement rentables, chaque franc investi dans les conseils permettant en effet d’en économiser dix.

L’hôtellerie et la restauration disposent de divers programmes, mis en œuvre à l’échelon cantonal, pour intégrer de nouveaux professionnels dans la branche (p.ex. RIESCO pour des personnes admises à titre provisoire; Perfecto-Futura pour sans-emploi). Quelles autres mesures préconisez-vous pour lutter efficacement contre la pénurie de main-d’œuvre qualifiée, en particulier après l’acceptation de l’initiative contre l’immigration de masse, y compris dans les branches moins productives telles que l’hôtellerie?

Les Verts s’opposent à un système compliqué et discriminatoire de contingents. Pour exploiter au mieux le potentiel interne et remédier à la pénurie de main-d’œuvre, nous proposons es mesures suivantes:

  • Garantir des conditions de travail dignes, rentables et attrayantes: renforcement des mesures d’accompagnement; développement des CCT avec salaires minimums; faibles seuils pour les déclarations d’obligation générale; meilleure application, en particulier dans les régions frontalières; renforcement des commissions tripartites et paritaires
  • Lancer une offensive de formation et de perfectionnement dans les domaines où la Suisse manque de personnel qualifié
  • Offrir des moyens pour mieux concilier famille et travail et encourager l’activité professionnelle des femmes : soutien à la réinsertion professionnelle, en particulier pour les jeunes mères qui souhaitent reprendre leur métier; lutte contre la discrimination salariale: encouragement de modèles de travail novateurs (télétravail, temps partiel pour les hommes et les pères, congé paternité)
  • Développer les mesures en faveur de l’insertion professionnelle et contre l’exclusion des personnes en situation de handicap
  • Encourager l’intégration professionnelle des personnes relevant du domaine de l’asile (personnes admises à titre provisoire, réfugiés reconnus): réduction des barrières administratives, cours de langue, programmes d’intégration, uniformisation et simplification de la reconnaissance des diplômes étrangers
  • Instaurer la retraite à la carte: faciliter le vieillissement actif, sans détérioration des conditions de travail (âge de la retraite différencié en fonction de la pénibilité du travail et de l’entrée dans la vie active). Le marché du travail doit être en mesure de proposer des modèles d’engagement flexibles).

Par quels moyens peut-on renforcer le système suisse de la formation professionnelle, en particulier face aux filières des hautes écoles?

Les Verts entendent consolider la formation professionnelle par les mesures suivantes:

  • Améliorer l’attrait des métiers d’apprentissage par le biais de salaires équitables et de meilleures conditions de travail.
  • Développer et reconnaître l’engagement des entreprises à former des jeunes, par un système de bonus-malus par exemple ou via l’adjudication des marchés publics, où il s’agirait de privilégier les entreprises qui s’investissent dans la formation professionnelle.
  • Offrir une seconde chance aux jeunes et aux adultes sans diplôme professionnel: les écoles professionnelles doivent rester gratuites y compris pour les personnes qui font un apprentissage tardif; les entreprises doivent être incitées à faciliter des postqualifications
  • Permettre aux enfants de personnes sans-papiers et de requérants d’asile de poursuivre leur scolarité ou d’entamer une formation professionnelle.

PS: Pour une nouvelle politique touristique

  • Approches innovantes pour le tourisme (par ex. plateforme de réservation gratuite en ligne)
  • Renforcement de l’innovation (Innotour) au lieu de plus de marketing
  • Mise en application de la loi sur les cartels (îlot de cherté suisse)
  • Contre les mesures protectionnistes et les prix alimentaires excessifs
  • Libre-échange pour les produits agricoles
  • Allègements administratifs grâce à une législation judicieuse
  • Encouragement du personnel qualifié
  • Renforcement de la formation professionnelle en Suisse

Quelle politique touristique préconisez-vous dans votre programme de parti? Quelles sont vos attentes envers les acteurs du tourisme? Où situez-vous les principaux enjeux de l’hôtellerie dans les années à venir?

Le PS suisse soutient le tourisme en tant qu’il représente un employeur de poids et un secteur important de l’économie suisse. Le PS s’engage en particulier pour que l’industrie touristique suisse puisse se défendre à armes égales face à ses concurrents étrangers. Le parti plaide pour une politique touristique novatrice qui permette à l’hôtellerie du pays d’affronter les défis du franc fort, de même que la pénurie de main-d’œuvre qualifiée consécutive au vote du 9 février 2014.  En ce qui concerne la vigueur du franc et les conséquences de l’initiative sur l’immigration de masse, le PS a élaboré une série de propositions destinées à soutenir le tourisme suisse. Citons en particulier la motion 12.3256 de Silva Semadeni, qui demande une amélioration des conditions-cadres de l’hôtellerie, mais aussi l’interpellation  14.3144 que la même conseillère nationale a déposée en mars 2014 et qui réclame des mesures en faveur du tourisme dans le contexte de l’acceptation de l’initiative contre l’immigration de masse. Ou plus récemment encore, l’appel pour une plateforme de réservation gratuite pour tous les logements de vacances et chambres d‘hôtel proposés à la location en Suisse (proposition Semadeni du 9 juin 2015).

Quelle importance accordez-vous à la Promotion économique 2016-2019?

Lors des débats parlementaires du 9 juin 2015, la conseillère nationale Susanne Leutenegger Oberholzer s’est prononcée comme suit sur le paquet de la promotion économique : «Le groupe PS […] soutient les décisions de financement pour les différents instruments de promotion d’un volume de plus de 370 millions de francs. […] Cependant, on ne saurait nourrir d’illusions sur l’impact de ce programme qui n’est autre qu’un prolongement de la politique menée à ce jour, un ensemble de huit arrêtés fédéraux sur le plan financier. Il contribuera dans une certaine mesure à améliorer les conditions-cadres, mais n’est pas porteur d’une véritable innovation. […]
A propos du tourisme et des exemples de manque d’innovation dans le secteur, elle a dit ceci: «La branche représente environ 4 pour cent du produit intérieur brut. Aujourd’hui, les crédits alloués à Innotour sont portés de 20 à 30 millions de francs – ce que nous approuvons – pour Suisse Tourisme il est prévu un montant de 220,5 millions de francs. La grande majorité du Groupe socialiste rejette les propositions  visant à augmenter les crédits à 240, voire 270 millions de francs. […] Ce n’est pas avec plus d’argent que l’on viendra à bout du problème du tourisme suisse. A la faveur du franc fort, le tourisme suisse dispose aujourd’hui de montants nettement plus importants pour ses dépenses à l’étranger. Ce qui manque véritablement, ce sont des approches novatrices. […] Nous réclamons depuis des années des plateformes de réservation gratuites pour l’hôtellerie suisse. […] En second lieu, les coûts d’approvisionnement grèvent lourdement l’hôtellerie. Il serait possible d’alléger grandement la charge du tourisme suisse si les conditions d’achats étaient les mêmes que pour la concurrence étrangère, en particulier la concurrence autrichienne, en ce qui concerne surtout les denrées alimentaires, et plus particulièrement pour la viande. » (Conseillère nationale Susanne Leutenegger Oberholzer lors des débats parlementaires du 9 juin 2015 à propos du paquet de la promotion économique.

L’abandon du taux plancher face à l’euro a provoqué un choc des prix. Quelles mesures votre parti estime-t-il nécessaire d’engager pour atténuer la pression sur la Suisse et sur le tourisme suisse?

La conseillère nationale Prisca Birrer-Heimo a proposé des mesures pour alléger la charge du tourisme. Une révision de la loi sur les cartels, en particulier, pourrait faire baisse les prix en Suisse. Les gains de change pourraient être ainsi répercutés sur les consommateurs.

Au cours des dernières années, la Suisse a de plus en plus verrouillé son marché agricole. Parallèlement, le pays se transforme chaque jour davantage en un îlot de cherté en Europe. Quel levier faudrait-il selon vous actionner pour lutter efficacement contre l’îlot de cherté et, partant, contre l’évasion d’un pouvoir d’achat élevé vers l’étranger?

Comme il apparaît dans la réponse à la question précédente, le PS s’engage activement contre les mesures protectionnismes et des prix alimentaires surfaits. Nous renvoyons ici notamment à notre position concernant l’exclusion des denrées alimentaires du principe du Cassis de Dijon, telle que la réclame l’initiative parlementaire 10.538 Jacques Bourgeois. Le PS s’y est systématiquement opposé. Notre conseillère nationale Susanne Leutenegger Oberholzer a pris position à ce propos avec un postulat qui donné lieu au rapport du Conseil fédéral sur la classe moyenne en Suisse du 13 mai de cette année:

«Casser les ententes de prix élevés»

En 2013, les prix moyens des éléments du panier type étaient de 41,4 % plus élevés en Suisse que dans les pays constituant le noyau dur de l’UE (UE 15) et de 16,9 % avec les plus petits pays 16.9 […]. A cet égard, le rapport du Conseil fédéral précise: les prix plus élevés sont donc moins l’expression d’un niveau des salaires élevés que le résultat d’un fort pouvoir d’achat des consommateurs suisses que les producteurs et distributeurs savent exploiter. Les domaines qui sont précisément très chers en Suisse sont les services et dans le domaine de la consommation, le logement, les denrées alimentaires et les loisirs […]
Les mesures suivantes s’imposent:

  • Poursuivre le combat contre l’initiative parlementaire Bourgeois « Loi fédérale sur les entraves techniques au commerce. Exclure les denrées alimentaires du champ d'application du principe du Cassis de Dijon
  • Appliquer systématiquement et efficacement le droit des cartels, l’initiative parlementaire Altherr constituant un pas important dans cette direction.
  • Simplifier les importations, y compris le remboursement de la TVA  payée à l’étranger, plutôt que créer de nouvelles entraves. Ceci vaut en particulier pour le commerce en ligne.
  • Libre-échange pour les produits agricoles.

Selon le rapport du Conseil fédéral, un ménage de la classe moyenne pourrait économiser comparé à l’UE, entre 225 et 280 francs par mois sur les denrées alimentaires, ce qui correspondait en 2013 déjà à 2000 francs au moins par an. Cette mesure renforcerait surtout le revenu disponible des salariés et des retraités à faible revenu.
L’option est claire : nous avons besoin du libre-échange avec l’UE. L’exclusion des denrées alimentaires du principe du Cassis de Dijon relève d’une nette erreur d’appréciation du Conseil national. Elle érige des obstacles plus importants plutôt que de lever enfin les obstacles non tarifaires au commerce. Le Conseil des Etats a corrigé le tir et il appartient maintenant au Conseil national de revenir sur sa décision.

Pour développer la compétitivité de l’économie, les entreprises demandent aux politiques de marquer leur engagement en faveur d’un allègement administratif. Par quelle méthode votre parti entend-il s’attaquer à ce problème et dans quel domaine place-t-il ses priorités?

Alors que d’autres réclament à grands cris moins de bureaucratie et s’y attaquent en vain à grand renfort d’initiatives bureaucratiques, le PS s’engage pour une affectation efficace et parcimonieuse de l’argent des contribuables.  Le PS n’entend toutefois pas mettre la charrue avant les bœufs. Autrement dit, il ne s’agit pas ici de réduire aveuglément les procédures administratives ou les contraintes bureaucratiques, mais plutôt de définir judicieusement les prestations et les tâches de l’Etat pour les réaliser en conséquence. Le PS reconnaît que l’Administration fédérale fournit un énorme travail et que le Conseil fédéral et le Parlement lui assignent toujours plus de tâches. Aussi, pour envisager des allégements administratifs, il faut passer d’abord par la législation. C’est là notre priorité. Le PS s’est par exemple engagé en faveur d’une révision du régime des redevances de la LRTV, arguant du fait que la charge administrative s’en trouverait considérablement réduite. Il existe désormais une redevance unique, indépendante du nombre et du type d’appareils récepteurs. Cette simplification supprime les contrôles fastidieux et onéreux dans les ménages et les entreprises. Le processus d’inscription et de désinscription en cas de déménagement est également supprimé. De plus, chaque ménage ou chaque entreprise ne paie plus qu’une seule fois. Citons encore  la motion 08.3523 de la Conseillère nationale Susanne Leutenegger Oberholzer portant sur la création d’une loi fédérale sur l’harmonisation du droit de la construction. La motion vise une uniformisation formelle du droit des constructions en Suisse, afin d’harmoniser à l’échelle nationale les prescriptions, normes et procédures cantonales et d’éviter ainsi une bureaucratie inutile.

L’hôtellerie et la restauration disposent de divers programmes, mis en œuvre à l’échelon cantonal, pour intégrer de nouveaux professionnels dans la branche (p.ex. RIESCO pour des personnes admises à titre provisoire; Perfecto-Futura pour sans-emploi). Quelles autres mesures préconisez-vous pour lutter efficacement contre la pénurie de main-d’œuvre qualifiée, en particulier après l’acceptation de l’initiative contre l’immigration de masse, y compris dans les branches moins productives telles que l’hôtellerie?

Le PS a adopté dans ce sens un paquet de réformes pour de meilleures conditions de vie qui renferme 21 interventions de ses parlementaires, dont une série de propositions pour former du personnel qualifié en suffisance. Lien vers le communiqué de presse: Le PS propose un paquet de réformes pour de meilleures conditions de vie.

Par quels moyens peut-on renforcer le système suisse de la formation professionnelle, en particulier face à la voie des hautes écoles?

Le PS a élaboré une série de mesures pour renforcer la formation professionnelle en Suisse. Nous renvoyons à nos objectifs de législature 2015 à 2019. On y trouve au chapitre 5 diverses propositions de mesures  « Pour une solide formation professionnelle et pour une formation continue à vie pour tout le monde ». Plus récemment, le Groupe socialiste a aussi avancé avec succès plusieurs propositions sur ce terrain. Nous renvoyons en particulier à la motion Aebischer à laquelle le Conseil fédéral a réservé bon accueil.

UDC: Pas d'affaiblissement de la compétitivité

  • Une plus grande liberté économique, moins de bureaucratie
  • Impôts et taxes peu élevés
  • Maintien du soutien financier au tourisme suisse sans distordre le marché par des aides financières disproportionnées
  • Réduction du taux de TVA pour l’hôtellerie et la restauration au taux réduit
  • Libérer les entreprises de leur travail statistique
  • Réduction des prestations sociales
  • Encouragement de la formation professionnelle proche du monde économique

Quelle politique touristique préconisez-vous dans votre programme de parti? Quelles sont vos attentes envers les acteurs du tourisme? Où situez-vous les principaux enjeux de l’hôtellerie dans les années à venir?

En tant que parti de l’économie, l’UDC prône une plus grande liberté économique, moins de bureaucratie et la création de conditions-cadres concurrentielles pour tous les acteurs de l’économie. L’UDC plaide aussi pour des impôts et des taxes peu élevés afin de garantir les emplois. Le tourisme, employeur de poids par excellence, joue donc un rôle essentiel pour l’économie suisse. Il affronte cependant aujourd’hui une série de difficultés, telles que le franc fort, des coûts élevés et des structures en partie obsolètes. Les politiques comme les hôteliers sont donc confrontés à des défis plus importants. L’UDC entend veiller à ce que les investissements opérés dans le tourisme restent rentables à l’avenir. Les hôteliers sont invités à porter leurs revendications sur le terrain politique. 

Quelle importance accordez-vous à la Promotion économique 2016-2019?

Nous ne comprenons pas le protectionnisme agricole que vous relevez. De fait, l’économie agricole suisse s’ouvre de plus en plus, par exemple par le libre-échange du fromage. Nous souhaitons rappeler que la population suisse ne consacre en moyenne que 10% de son revenu pour les denrées alimentaires et que quelques pays seulement dépensent encore moins pour se nourrir. Un îlot de cherté peut-être, mais il faut alors parler aussi d’un îlot de hauts salaires. 

L’abandon du taux plancher face à l’euro a provoqué un choc des prix. Quelles mesures votre parti estime-t-il nécessaire d’engager pour atténuer la pression sur la Suisse et sur le tourisme suisse?

Dans le contexte d’un franc fort persistant, il importe plus que jamais d’assurer des conditions-cadres favorables. Hélas, la majorité centre-gauche du Parlement a choisi la mauvaise voie: plus d’Etat, plus de dépenses, plus de réglementation. L’UDC reste convaincue que l’économie se porte d’autant mieux moins la politique s’en mêle. Le combat pour la liberté d’entreprise et la responsabilité individuelle doit continuer contre toute résistance. L’UDC exige la réduction du taux de TVA pour l’hôtellerie et la restauration au taux réduit.

Au cours des dernières années, la Suisse a de plus en plus verrouillé son marché agricole. Parallèlement, le pays se transforme chaque jour davantage en un îlot de cherté en Europe. Quel levier faudrait-il selon vous actionner pour lutter efficacement contre l’îlot de cherté et, partant, contre l’évasion d’un pouvoir d’achat élevé vers l’étranger?

Nous ne comprenons pas le protectionnisme agricole que vous relevez. De fait, l’économie agricole suisse s’ouvre de plus en plus, par exemple par le libre-échange du fromage. Nous souhaitons rappeler que la population suisse ne consacre en moyenne que 10% de son revenu pour les denrées alimentaires et que quelques pays seulement dépensent encore moins pour se nourrir. Un îlot de cherté peut-être, mais il faut alors parler aussi d’un îlot de hauts salaires. 

Pour développer la compétitivité de l’économie, les entreprises demandent aux politiques de marquer leur engagement en faveur d’un allègement administratif. Par quelle méthode votre parti entend-il s’attaquer à ce problème et dans quel domaine place-t-il ses priorités?

Libérer les entreprises de leur travail statistique, réduire massivement les ordonnances et directives, tâche à laquelle le Conseil fédéral pourrait prendre l’initiative de s’atteler immédiatement, ou encore opter pour une saisie du temps moderne avec des possibilités d’opting-out.

L’hôtellerie et la restauration disposent de divers programmes, mis en œuvre à l’échelon cantonal, pour intégrer de nouveaux professionnels dans la branche (p.ex. RIESCO pour des personnes admises à titre provisoire; Perfecto-Futura pour sans-emploi). Quelles autres mesures préconisez-vous pour lutter efficacement contre la pénurie de main-d’œuvre qualifiée, en particulier après l’acceptation de l’initiative contre l’immigration de masse, y compris dans les branches moins productives telles que l’hôtellerie?

Il importe d’assurer des formations correspondantes pour disposer du personnel correspondant. Toutefois, il faut aussi examiner (pour toutes les branches), si le diplôme délivré est vraiment utile ou s’il est possible d’engager des personnes qui n’ont pas la formation requise mais que l’on pourrait très bien former sur le tas. L’académisation de l’ensemble du monde professionnel explique en grande partie la pénurie de «personnel adéquat». La branche devrait être ouverte et  donner une chance aux personnes qui ne disposent pas du diplôme correspondant.
Par ailleurs, il y a lieu de réduire les prestations sociales pour qu’il vaille à nouveau la peine de travailler dans des métiers à bas salaires. En effet, il est aujourd’hui  bien plus attrayant de vivre de l’aide sociale (après avoir touché l’assurance-chômage) – surtout quand s’y ajoutent encore des allocations pour enfants ou d’autres aides. Dans ce sens, il importe de durcir les conditions ouvrant le droit aux prestations sociales.

Par quels moyens peut-on renforcer le système suisse de la formation professionnelle, en particulier face aux filières des hautes écoles?

En premier lieu, il faut mettre un frein à l’académisation croissante de la formation professionnelle qui ne s’opère pas dans le vide, mais aux dépens de la formation professionnelle classique. De manière générale, nous pensons que celle-ci fonctionne encore bien et que les quelques problèmes dont elle souffre ne peuvent se résoudre à coup de fonds supplémentaires. Il faut veiller en priorité à ce que la formation professionnelle reste proche du monde économique et que les entreprises formatrices ne se trouvent pas limitées par une bureaucratie inutile et des contraintes administratives. Durant la session extraordinaire des Chambres fédérales, nous avons déposé à cet effet une proposition pour une réduction de la charge administrative dans la formation des apprentis que le Conseil fédéral a recommandé d’accepter. (15.3469).