Mettre la politique du tourisme à l‘heure du numérique

La branche du tourisme salue le rapport sur la nouvelle stratégie du tourisme que le Conseil fédéral a adopté dans le but d’ajuster la politique touristique aux enjeux prioritaires de la branche. Dans ce cadre, les moyens financiers dévolus aux instruments de la politique touristique demeurent d’une importance cruciale pour le secteur et ne doivent en aucun cas subir de coupes, comme le Conseil fédéral l’a suggéré récemment.

Avec les quatre objectifs assignés à la nouvelle stratégie du tourisme, le Conseil fédéral entend désormais concentrer les efforts sur les domaines qui ont mis à rude épreuve le tourisme et le secteur de l’hébergement ces dernières années. Ainsi, la branche réclame depuis longtemps une moindre densité normative pour les entreprises. En outre, à l’ère du numérique, le déséquilibre des forces entre les géants mondiaux de l’internet et les PME locales devient de plus en plus manifeste, par exemple dans le secteur de l’hébergement. A l’évidence, le Parlement a déjà reconnu la nécessité d’agir sur ce front en acceptant la motion Bischof, qui vise à interdire les clauses empêchant les hôteliers de proposer sur leur propre site Internet des conditions plus avantageuses que celles offertes par les plateformes de réservation en ligne. De son côté, la branche ne reste bien sûr pas les bras croisés, mais s’emploie à améliorer la présence des établissements sur la toile, à prendre des mesures pour prévenir la pénurie de main-d’œuvre qualifiée ou encore à faciliter l’accès des hôtes aux prestations touristiques par la voie numérique. Avec l’attribution du prix du tourisme suisse Milestone et du Hotel Innovation Award, elle a également mis en place des projets phares pour l’innovation dans le tourisme.

Ne pas sous-estimer le poids économique du tourisme

Il faut néanmoins reconnaître au tourisme un rôle plus stratégique. Dans cette optique, la branche du tourisme demande un renforcement de la coopération au sein de l’administration, avec notamment la mise en place d’un organe de coopération, dans la mesure où la grande majorité des intérêts en jeu dans le tourisme concernent bien souvent plusieurs domaines administratifs à la fois. Il importe aussi de ne pas négliger les instruments éprouvés de la politique touristique. Même si le nombre de nuitées est pour la première fois globalement reparti à la hausse, la demande reste en panne dans les régions de montagne. Il faut donc éviter à tout prix d’amputer les fonds destinés à l’encouragement de l’innovation (Innotour), à la promotion (Suisse Tourisme), au développement des régions alpines (Nouvelle politique régionale) et à la Société suisse de crédit hôtelier (SCH).